Filigrane

manuel

Trois couches, trois métiers

Marquer une image, ce n'est pas poser un logo dans un coin. C'est empiler des protections qui ne se cassent pas de la même façon, pour qu'aucun geste unique ne les fasse toutes tomber.

Filigrane visible
dissuade et signe. S'efface à l'inpainting, mais l'effacer est un acte délibéré, qui se prouve.
Marque invisible
96 bits cachés dans l'image : identifiant d'œuvre, numéro d'exemplaire, contrôle. Se relit sur un fragment recadré.
Empreinte
dernier filet : reconnaît l'image par sa structure, même quand les deux premières couches ont sauté.

Ce que ces trois couches ne font pas : rendre une image invulnérable. Voir Ce qui reste possible contre vous, plus bas — mieux vaut le lire avant de promettre quoi que ce soit à un client.

Premier passage

  1. Enregistrez une phrase secrète dans votre coffre (Mon compte → coffre). Sans elle, aucune marque invisible n'est possible : c'est elle qui décide où les bits se cachent, et elle seule permet de les relire.
  2. Déposez vos images dans l'atelier, réglez le filigrane visible en regardant l'aperçu.
  3. Renseignez le destinataire et un numéro d'exemplaire différent par personne. C'est ce qui transforme la marque en traçage de fuite.
  4. Traitez la sélection. Les fichiers produits sont écrits chez vous ; le registre, lui, monte sur le serveur.

Le filigrane visible

RéglageCe qu'il faitConseil
Densitéespacement du pavage 0,3 à 0,4 : présent partout, donc impossible à recadrer hors champ, sans étouffer l'image.
Opacitéforce du motif 0,08 à 0,12. Au-delà, on abîme l'image plus qu'on ne la protège.
Taillelargeur du motif rapportée à l'image 0,2 environ. Un motif minuscule se retire au tampon, un motif géant se recadre.
Inclinaisonangle du pavage 30° : l'oblique casse les outils de retrait qui travaillent par bandes.
Renduclair, sombre, automatique, ou couleur imposée automatique : le motif s'oppose au fond, donc reste lisible partout.
Relief gravéombre et rehaut décalés d'un pixel à garder. Un motif plat s'enlève bien plus facilement qu'un motif qui a modifié le modelé de l'image.

La marque invisible

L'image est découpée en blocs de 8 × 8 pixels, groupés en tuiles de 32 × 32 blocs (256 pixels de côté). Dans chaque tuile, la charge entière — identifiant, exemplaire, contrôle — est répartie selon un ordre que seule votre phrase secrète connaît. Chaque bit est écrit dans plusieurs dizaines de blocs, et la lecture les fait voter.

Deux conséquences pratiques :

Force

Trois crans, du plus discret au plus robuste. L'amplitude réelle est ensuite ajustée par l'outil : plus l'image est grande, plus il y a de votes par bit, et moins il faut appuyer. Sur une photo de 12 mégapixels, cela vaut sept décibels de qualité gagnés sans rien perdre en robustesse.

Où la poser

Par défaut, partout. Sur une illustration à grands aplats clairs, l'option « zones sombres » évite que la trame se devine. Les blocs épargnés ne portent alors rien — ils se signalent d'eux-mêmes à la lecture, qui les ignore. Comptez au moins 8 % de surface ciblée : en dessous, l'outil vous prévient que la marque n'a pas pris.

Ce qui a changé, et pourquoi ça marche maintenant

La première version choisissait les blocs porteurs en mélangeant la liste des blocs autorisés — opaques, sombres, ou d'une couleur donnée. Cette liste se recalculait à la lecture, et un seul bloc de différence décalait tout le mélange, donc toute la marque. Or elle changeait tout le temps : un enregistrement en JPEG efface la transparence, une recompression fait basculer les blocs qui frôlent le seuil « sombre », et le vérificateur essayait les couleurs une par une alors que le marquage avait pu en cocher plusieurs.

Résultat : la marque se relisait dans la seconde qui suivait sa pose — mêmes pixels en mémoire — et nulle part ailleurs. C'est le bug de fond, et il est corrigé : la position d'un bit ne dépend plus que de la phrase secrète, jamais du contenu de l'image. Le contenu ne décide plus que de l'endroit où l'on écrit.

Vérifier une image retrouvée

Déposez-la dans l'onglet Vérifier. L'outil lit la marque, calcule l'empreinte, interroge votre registre, et affiche les métadonnées du fichier.

Le registre

La marque transporte un numéro, pas un nom. Le registre est la table qui relie ce numéro à une œuvre, un auteur, un destinataire et une date. Sans lui, une marque ne désigne personne.

Il appartient à votre compte : sauvegardé avec le serveur, consultable de n'importe où, exportable en JSON ou en CSV. Exportez-le de temps en temps — une sauvegarde chez vous ne coûte rien et vaut cher le jour où elle sert.

Comptes, coffre et clé de récupération

Votre mot de passe ne quitte jamais votre navigateur. Il y est transformé en une clé, dont on dérive deux choses : un vérificateur — la seule valeur envoyée au serveur, qui la hache encore une fois — et la clé qui chiffre votre coffre de phrases secrètes. Le serveur garde ce coffre sans pouvoir l'ouvrir.

C'est ce qui rend la clé de récupération nécessaire. Elle vous a été remise une seule fois, à la création du compte :

Activez le second facteur si votre registre sert de preuve : il ferme le seul chemin qui reste à qui aurait deviné votre mot de passe.

Ce qui reste possible contre vous

Aucun filigrane n'est indélébile, et il vaut mieux le savoir avant de s'engager.

Ce qui marche, c'est la défense en profondeur : chaque couche coûte un effort différent, et il faut les casser toutes. Et le registre, lui, reste — c'est souvent lui qui tranche.

Formats et limites

EntréePNG, JPEG, WebP, BMP, TIFF (tout ce que le navigateur sait ouvrir)
SortiePNG. Sans perte : recompresser derrière abîme la marque
Taille minimale128 × 128 pixels ; 256 × 256 pour la pleine robustesse
Transparencegérée : les blocs transparents ne portent rien, et cela n'empêche pas la lecture après aplatissement
Où passent les imagesnulle part. Tout le calcul a lieu dans votre navigateur ; le serveur ne reçoit que le registre

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